PÊCHE

La pêche en Occitanie

Les chiffres clés

Avec la seconde flotte de pêche française (la première de Méditerranée), la filière pêche d’Occitanie est un levier important pour le développement économique du littoral. Elle est constituée de 3 segments complémentaires (thoniers, chalutiers et petits métiers). Si les thoniers partent au large pour exploiter le thon rouge, les chalutiers et les petits métiers exploitent la diversité des espèces présentes sur le Golfe du Lion et dans les complexes lagunaires. Ils utilisent pour cela diverses techniques de pêche.

Structurée autour de 4 ports équipés de halle à marée (Le Grau-du-Roi, Sète, le Grau d’Agde et Port-la-Nouvelle), la filière pêche d’Occitanie distribue quotidiennement des produits extra-frais, les sorties des chalutiers et des petits métiers n’excédant pas 24h.

A ces volumes commercialisés sous halle à marée (environ 8000 tonnes pour 35 millions d’euros), il convient d’y ajouter l’ensemble des ventes directes ou en gré à gré. Méconnues, elles sont estimées entre 1500 et 3000 tonnes.

Volume et chiffre d’affaires générés par les ventes sous les différentes halles à marée d’Occitanie en 2018 (source : FranceAgriMer)

Diversité d’espèces, diversités de métiers

La pêche en Occitanie se caractérise également par une grande diversité d’espèces débarquée. Tous les jours, une centaine d’espèces sont mis à la vente aux enchères sur notre territoire. Elles sont regroupées en différentes catégories suivant qu’ils s’agissent de grands ou petits pélagiques (qualifié de poisson bleu), de poissons de fond (= poisson blanc) ou de fruit de mer (mollusques et crustacés).

Pour exploiter cette diversité, les pêcheurs professionnels d’Occitanie utilise une diversité de méthode de pêche tel que :

  • la senne tournante coulissante au thon rouge,
  • le chalutage,
  • les filets posés,
  • les capéchades à anguille,
  • les pots à poulpe,
  • la palangre à thon rouge,
  • le tellinier..

Afin d’assurer la durabilité des ressources exploitées, différentes réglementations d’encadrement des activités s’appliquent. Elles peuvent être européennes, nationales ou locales. Il peut s’agir de mesure régulant l’effort (Autorisations Européennes de Pêche (AEP), quota d’effort (nombre de jours de mer), fermetures spatio-temporelles…) ou de mesures techniques influant sur le diagramme d’exploitation (maillage, sélectivité…)

Les apports varient bien évidemment en fonction des saisons mais parmi les principales espèces débarquées, nous pouvons citer :

  • les poulpes (Octopus vulgaris et Eledone spp.)
  • la daurade royale (Sparus aurata)
  • le merlu (Merluccius merluccius appelé merlan localement)
  • les baudroie ou lottes (Lophius piscatorius et Lophius budegassa)
  • le bar commun, appelé loup localement (Dicentrarchus labrax)
  • la seiche commune (Sepia officinalis)
  • le rouget barbet (Mullus surmuletus et Mullus barbatus)
  • le thon rouge (Thunnus Thynnus)
  • la sole (Solea solea)
  • les maquereaux (Scomber spp.)
  • l’anchois (Engraulis encrasicolus)
  • la sardine (Sardina pilchardus)

A ces espèces relativement bien connues des consommateurs, de nombreuses espèces méritent également une meilleure reconnaissance. Outre leurs qualités gustatives, ces espèces méconnues sont bien souvent meilleur marché.

  • les muges
  • la noisette de mer
  • les sparidés (sars, pageots…)
  • le capelan
  • l’anguille

Les circuits de commercialisation

L’essentiel des débarquements des pêcheurs d’Occitanie est destiné au marché italien et espagnol, l’achat/revente des produits de la mer étant fait par les mareyeurs.

La part des produits de la pêche d’Occitanie sur le territoire français est cependant en augmentation. Outre lors de ventes directes « au cul du bateau », le consommateur peut retrouver les produits de méditerranée dans les différentes poissonneries, les épiceries fines et en GMS. De nombreuses démarches ont été engagées pour promouvoir les productions régionales auprès des consommateurs français et mieux distribuer nos produits. C’est notamment le cas via la marque régional Sud de France et les actions de groupement de professionnels telles que Méditerranée Sauvage ou Golion.

Si la très grande majorité des produits de la mer sont commercialisés non transformées, de plus en plus d’initiatives privées émergent pour proposer aux consommateurs un produit transformé prêt à consommer (ex : anguilles fumées, soupe de poisson, tapas de poulpe…). 

Point de débarquement où des professionnels effectuent de la vente directe. La vente a généralement lieu le matin, entre 9h et midi.

La représentation professionnelle

Représentant des pêcheurs français au niveau national, le CNPMEM promeut leurs intérêts généraux et contribue notamment à une gestion responsable des pêches. Au niveau de l’Occitanie, cette représentation est assurée par le CRPMEM d’Occitanie, le CDPMEM du Gard et le CIDPMEM de l’Aude et des Pyrénées Orientales.

Les professionnels peuvent également se regrouper au sein d’Organisations de Producteurs (OP). Reconnues au niveau européen, elles ont pour mission principale de gérer les droits de pêche de leurs adhérents et améliorer la valorisation de leurs produits. Deux sont établies en Occitanie : la SATHOAN et l’OP du Sud.

Outre ce type d’organisations présentes sur l’ensemble du littoral français, la pêche en Méditerranée est caractérisée par la présence de Prud’homies. 11 sont présentes en Occitanie. Communauté de patrons pêcheurs, elles peuvent mettre en place des réglementations assurant une bonne gestion des pratiques de pêche sur leurs juridictions. Elles contribuent à la durabilité des activités de pêche et limitent les conflits d’usage

Les enjeux de la pêche

Afin d’assurer son avenir, la pêche en Occitanie doit relever de nombreux défis. Outre le changement climatique et ses impacts sur la biodiversité marine, elle doit faire face à la diminution de l’effort de pêche de la flottille chalutière imposé par le plan de gestion WESTMED, composer avec la multiplication des nouveaux usages en mer (EMR notamment), innover pour diminuer sa dépendance aux énergies carbonées, maintenir la polyvalence de la petite pêche côtière et lagunaire, mieux gérer et valoriser ses productions… Pour y parvenir, le CRPMEM Occitanie a initié un travail afin d’élaborer d’ici 2023 une stratégie de filière régionale. Ce travail en concertation doit permettre à la filière pêche de l’Occitanie de définir un nombre d’actions à mener afin d’assurer un avenir pour les professionnels de la pêche et l’ensemble des acteurs de la filière.