Les recifs artificiels en Région Languedoc Roussillon

La gestion des récifs artificiels

La gestion

La gestion d'une zone de récifs artificiels dépend de la vocation qui lui a été initialement attribuée.

En Languedoc-Roussillon, en dehors des suivis scientifiques mis en place lors des immersions de récifs artificiels, aucune gestion n'est réellement mise en place. Cependant, une étude réalisée par le Cépralmar en 2006 auprès des pêcheurs et organisations professionnelles, des maîtres d'ouvrages et des partenaires financiers mettrait en évidence leur souhait d'une mise en place de processus de gestion. Plusieurs solutions sont avancées par les acteurs du territoire : le cantonnement est la plus citée, les autres sont soit halieutique comme la mise en jachère, ou sociale avec le partage de l'espace et l'interdiction de la plongée.

En cas d'incidents sur une concession du domaine publique maritime, attribuée pour l'implantation de récifs artificiels, la responsabilité du concessionnaire est juridiquement engagée. Il est donc conseillé de mettre en place une gestion appropriée.

En France, les protocoles de gestion mis en place, se résument essentiellement à interdire les activités autres que la pêche professionnelle sur les zones aménagées.

Quelques exemples :

Le parc marin de la côte bleue

Sur la côte méditerranéenne, le parc marin de la côte bleue créé en 1983, gère en priorité les zones marines protégées de Carry-le-Rouet, et du Cap-Couronne ainsi que l'ensemble des aménagements en récifs artificiels. Le statut de ces deux zones est celui de réserve de pêche, le (cantonnement) mis en place par arrêté du Ministère chargé de la Pêche et du Préfet Maritime.

Au sein des deux réserves, les activités suivantes sont interdites toute l'année :

Concernant les plaisanciers, seuls certains engins de pêche sont autorisés.

L'association Aquitaine Lande Récifs

Sur la côte atlantiques, L'ALR, association type Loi 1901 créée le 22 octobre 1996, intervient à l'échelle départementale dans le but de créer et gérer des récifs artificiels sur le littoral Aquitain, mais aussi d'en assurer leur développement et leur étude par la réalisation de suivis scientifiques.

Sur ce site, la gestion mise ne place découle directement du statut de la concession qui a été attribuée par un arrêté portant autorisation d'exploitation de cultures marines. Une note d'informations de la Direction Régionale des Affaires Maritimes des Pyrénées-Atlantiques renforce ce statut en ajoutant que la plongée et la pêche sous-marine sont interdites sur le site des récifs.

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Les suivis scientifiques

    Depuis 2000 ils sont obligatoire sur une durée de 5 ans lors de l'attribution des aides européennes et doivent permettre de :
  • décrire la colonisation des récifs artificiels immergés, par la macroflore et la macrofaune sessile et vagile, depuis leur immersion jusqu'à la première phase de stabilisation des peuplements, en privilégiant les espèces d'intérêt commercial,
  • comparer les caractéristiques des zones d'immersion de récifs avec des zones non aménagées,
  • évaluer le « comportement » des ouvrages par rapport aux contraintes naturelles, (enfouissement, envasement...)
  • mesurer l'impact de ces immersions sur la pêche professionnelle locale,
  • formuler des propositions pour de futurs aménagements au moyen de récifs artificiels.
    De nombreux suivis scientifiques ont été réalisés depuis 1985. Il apparait actuellement nécessaire de mettre en place un protocole type de suivis destiné aux maîtres d'ouvrage afin de :
  • Définir clairement les objectifs du suivi,
  • permettre la comparaison des sites d'immersion entre eux,
  • permettre les comparaisons à l'échelle régionale.

Quelques exemples :

Les suivis de Leucate-Le Barcarès

Actuellement, le suivi de Leucate-Le Barcarès a mis en évidence l'intérêt des pêches expérimentales, qui fournissent un échantillon plus complet que les comptages en plongée. De plus, elles permettent de montrer l'effet réel des récifs artificiels sur la pêche petit métier en prenant en compte la capturabilité des espèces.

Le parc marin de la côte bleue

Cette méthode est aussi utilisée par le parc marin de la côte bleue, le suivi réalisé en 1998, à peine 18 mois après la création de la réserve du Cap Couronne, montre déjà des résultats significatifs, à la fois en plongée et lors des pêches expérimentales. Les résultats les plus probants ont été obtenus lors des pêches expérimentales : les abondances ont été multipliées par 1,8 et la biomasse par 2,2 par rapport aux pêches effectuées précédemment à la création de la réserve (JOUVENEL & BACHET, 1998).

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3 exemples a suivre

1. AGDE (immersions en 1985-1995-2009)
Les récifs artificiels : un outil de gestion au service des objectifs de l'Aire Marine Protégée de la côte agathoise. Une coordination par la structure animatrice pour un suivi et une communication de qualité.

Définition des objectifs des projets de récifs artificiels et stratégie d'aménagement

Le site d'Agde a connu trois campagnes d'immersion : en 1985, en 1995 et en 2009.
Les objectifs de ces immersions le long du littoral agathois ont pour vocation de protéger la bande des trois milles nautiques des diverses nuisances du chalutage illégal, de réduire les conflits entre petits métiers et chalutiers et de soutenir durablement la pêche professionnelle en augmentant les ressources halieutiques.

La majorité des immersions de récifs artificiels est située dans le périmètre de l'Aire Marine Protégée de la côte agathoise, site Natura 2000 marin "Posidonies du Cap d'Agde".
Les fonds marins de l'Aire Marine Protégée agathoise sont caractérisés par différentes entités biologiques et géologiques : étendues de sables fins, grandes dalles de tufs d'origine volcanique, éboulis rocheux, herbiers de posidonies, mattes mortes et coralligène. Ces différents biotopes constituent un environnement marin favorable à la diversification de la faune et de la flore sous-marine.

Les concessions sont réparties de la façon suivante :
- une concession de 1,7 km2 mise en place en 1985 et par la suite englobée dans la concession de 1997,
- une concession de 22,3 km2 correspondant aux immersions de 1995-1997. Les concessions des deux premières campagnes prennent fin en 2027,
- cinq concessions de 7,5 km2 au total mises en place en 2009 et arrivant à échéance en 2039.

L'ensemble des concessions des récifs artificiels couvrent une surface de 29.8 km². Au total, 426 récifs artificiels ont été immergés au large de la commune d'Agde. On distingue deux catégories de récifs artificiels : les récifs de "production" destinés à accroitre la production halieutique (n=39) et les récifs de "protection" destinés à réduire les conflits d'usages entre petits métiers et chalutiers (n=387).

Faisabilité technique et financement

Typologie des modules

CATALOGUE DES MODULES

Comin

Module d'aspect hexagonal en béton d'un volume total de 10,4 m3. Il a été utilisé comme module de production dans les années 80.

Bonna

Bonna

Module inspiré des modèles japonais d'un volume de 158 m3. Il a été utilisé comme module de production lors des immersions de 1984-1985 en Languedoc-Roussillon comme dans la Région PACA.

Double buses

Double buses

Petites structures modulaires cylindriques en béton armé. Des tubes de diamètres différents ont été emboités l'un dans l'autre constituant un module unitaire de 7 m3. Elles ont été utilisées comme modules anti-chalutage.

Tapis anti-affouillement

Tapis anti-affouillement

Afin d'éviter l'enfouissement des doubles buses immergées à faible profondeur, elles ont été disposées sur des tapis en béton anti-enfouissement.

Paniers en acier

Paniers en acier

Structure en acier de 75 m3 contenant des poutres en béton, des buses, des modules Sabla, des parpaings, des pots à poulpes et des poches à huîtres.

Modules expérimentaux

Modules expérimentaux

Modules expérimentaux conçus à base de coquilles d'huîtres recyclées.
Leurs volumes sont de 12 m3.

Réglementation

Aucune règlementation rattachée directement à ce site Natura 2000 n'est en vigueur concernant les usagers de la mer, ni appliquée sur des zones de récifs artificiels.
Toutefois, la zone d'immersion des récifs artificiels de 1985 d'Agde est sujette à une règlementation propre. Cette zone fait l'objet d'un arrêté préfectoral (N°14/89) qui y interdit tout ancrage, dragage ainsi que la pratique de la plongée et de la chasse sous-marine.

Gestion, suivi et animation

Le Document d'Objectifs (DOCOB) du site a été validé en 2008 et sa mise en ?uvre a été confiée à la Ville d'Agde, qui en assure l'animation avec de nombreux acteurs locaux réunis au sein d'un comité de pilotage. Un plan de gestion marin, s'appuyant sur le Défi territorial Espace Littoral de Gestion Associée (ELGA ), validé en 2008, prend précisément en compte la problématique des récifs artificiels, qu'ils soient anciens ou nouveaux.
Une réflexion est menée sur le délestage de certains sites de plongée trop fréquentés vers les secteurs de récifs artificiels, de même avec la pêche de loisir afin de répartir la pression sur les structures artificielles en vue de restaurer les habitats naturels tels que le coralligène ou la roche.
Cependant, les récifs ne sont pas inscrits dans le plan de gestion Natura 2000. Ce sont des outils de gestion à part entière. Ils bénéficient de l'animation, la surveillance et la gestion du fait de la présence de l'aire marine protégée, réalisant ainsi des économies d'échelle.

Bilan

L'aire marine protégée de la côte agathoise, site Natura 2000 "posidonies du Cap d'Agde", couvre un territoire de 6152 hectares allant de port Ambonne au Grau d'Agde jusqu'à 3 milles nautiques au large.
La gestion de la ressource par l'immersion de récifs artificiels permet de répondre à certains objectifs, mais d'autres outils de gestion tels que les sites Natura 2000 peuvent aussi y répondre. L'association de ces deux outils de gestion permet d'optimiser les résultats en matière de gestion de la ressource et de lutter contre l'érosion de la biodiversité.
Aucune gestion spécifique aux récifs artificiels d'Agde n'est en place, cependant, la proximité du site Natura 2000 en mer fait que le secteur bénéficie de suivis et qu'une dynamique locale autour de ces outils d'aménagement est bien présente. Chaque année, une restitution des résultats des suivis a lieu auprès de la prud'homie de patrons pêcheurs d'Agde, des financeurs et des usagers des récifs.

Contacts

2. MARSEILLE - RECIFS PRADO (immersion en 2007)
Un projet exemplaire, de la définition des objectifs à la concertation,
en passant par le suivi, la gestion et la communication

Définition des objectifs des projets de récifs artificiels et stratégie d'aménagement

Deux objectifs principaux ont été définis pour ces récifs immergés à partir de 2007 (fin de concession en 2036) : celui d'immerger des récifs artificiels pour la restauration de milieux naturels dégradés et celui pour soutenir et développer la pêche artisanale aux petits métiers.

Le site de 192 hectares comprend un aménagement en 6 "villages" reliés par 8 "liaisons fonctionnelles", pour utiliser le potentiel biologique environnant qui favorise une colonisation plus rapide des récifs et les échanges d'espèces. En effet, l'environnement présente des habitats naturels périphériques intéressants tels que des herbiers de Posidonie et des roches.

La zone est inscrite depuis 2012 en aire maritime adjacente dans le Parc National des Calanques.

Remarque
L'originalité de la démarche est que ces récifs ont été conçus par des biologistes marins (E. Charbonnel, J.G. Harmelin) ayant plus de 20 ans de retours d'expériences sur les récifs immergés sur le littoral français, basés sur des observations en plongée des peuplements de poissons, aussi bien sur les habitats naturels qu'artificiels.
Cette démarche "d'imiter la nature" est apparue logique car comme dans la nature, l'élément clef de la réussite biologique d'un récif artificiel, est à la fois la complexité de son architecture et son urbanisme, l'agencement des modules sur le fond, où la notion de discontinuité horizontale et verticale est importante : discontinuité dans les hauteurs, dans les tailles, dans les volumes, dans la variété des types de récifs et leur forme, dans l'agencement et l'espacement horizontal entre récifs.

Faisabilité technique et financement

Typologie des modules

CATALOGUE DES MODULES

Les amas

Amas de cubes en béton

Amas de cubes en béton

Ce récif (10 m3 et 2,4?x?4,4?m) est un assemblage de 6 cubes en béton, avec des espaces entre les parois des cubes. Chaque cube est garni d'un pochon de coquilles d'huîtres et de 3 pots à poulpe afin de complexifier les structures.

Amas de blocs rocheux

Amas de blocs rocheux

Ce récif résulte de l'empilement de blocs de roches de carrière (300 tonnes, 160 m3) et reconstitue des éboulis rocheux avec de multiples cavités. Cet habitat est particulièrement favorable à de nombreuses espèces cibles telles que mérous et sars.


Les paniers

Panier acier

Panier acier

Ce grand récif (187 m3 et 9 m de haut avec filières basses) est constitué par 3 paniers, chaque panier étant un cadre métallique rempli de plusieurs matériaux de tailles différentes. Comme les cubes et les récifs Chicane, les densités d'espèces y sont élevées en ce qui concerne les espèces non consommatrices de plancton (labres, sars, daurades royales, chapons).

Panier fakir

Panier fakir

Ce récif de 82 m3 de 5 m de côté est délimité par 26 poteaux en béton de 3m de hauteur et garni de 16 cubes en béton sur 2 niveaux et 200 parpaings.

Chicane

Chicane

Ce récif de 19 m3 est organisé sur 2 niveaux connectés par 5 trous. Les parois forment un dédale avec plusieurs ouvertures. Ce récif a été spécialement conçu pour les Sparidae, rappelant les "ragues à sars".


Les filières

Les filières hautes

Les filières hautes

Ce récif de 7 m de haut est constitué par un lest (cadre en béton) auquel sont fixés des cordages flottants sur 2 niveaux. Cette structure tri-dimensionnelle permet d'attirer des espèces pélagiques (planctonophages et leurs prédateurs).

Les filières basses

Les filières basses

Filières de 2 mètres de haut rajoutées sur les amas de cubes, les chicanes et les paniers acier.

Réglementation et procédures administratives

Gestion et suivi

Une importante concertation entre les différents acteurs a été mise en place tout le long du projet entre les différentes parties prenantes, au sein d'un comité scientifique et technique transformé après l'immersion en quatre organes de gouvernance.

Surveillance in situ et prévention des situations à risques

Balisage :

3 balises à flotteur immergées avec nacelle et croix de Saint-André, mises en place en janvier 2010 (hors du chenal).

Surveillance :

• Plusieurs fois par semaine toute l'année, par les Services de l'Etat en mer, patrouille en mer du parc national et patrouille municipale.
• Quotidienne en été. Informations sur contrevenants transmises par les différents partenaires impliqués dans la surveillance ou la fréquentation du site (scientifiques, pêcheurs, autres) aux affaires maritimes sous forme anonyme.

Moyens en mer :

• 1 bateau de la ville mobilisable.
• Moyens en mer des services de l'Etat.
• Patrouille en mer du parc national en été.

Le programme de suivi et de valorisation

• Des suivis scientifiques obligatoire sur 10 ans et programme de recherche complémentaire.
• Des actions de communication et d'éducation à l'écocitoyenneté.
• Un programme de transfert des connaissances et de partage de compétences avec d'autres territoires.
• Coordination du programme de suivi par la Ville de Marseille.

Le coût du suivi :

• Suivis obligatoires sur 5 ans : 523?611 euros. • Suivis complémentaires sur 5 ans : 1?372?809 euros. • Coût programme valorisation : non chiffré.

Les résultats :

30?% des espèces ciblées ont vu leur abondance augmenter depuis l'immersion des récifs, parmi lesquelles le loup (bar) ou le congre.

Communication et sensibilisation des acteurs

Moyens :

• 0,5 animateur à plein temps (centre pédagogique de la mer).
• Eco-gardes du Parc National des calanques (1 à 2 personnes).

Actions :

• Conférences à la demande (Etat, associations, grand public, etc.) par le CPMer.
• Animation d'une journée séminaire "Récifs Prado" bi-annuelle, pour les professionnels du milieu des récifs artificiels.
• Parrainage des récifs par 16 classes de primaire et secondaire, avec information privilégiée aux scolaires.
• Documents de communication (plaquettes, films, exposition, etc.).
• Développement d'une plate-forme collaborative afin de faire circuler l'information aux différents partenaires impliqués dans l'opération.
• Projet de sentier sous-marin avec des mini-récifs sur les petits fonds d'une des plages du Prado destination du grand public.

Encadrement des usages sur le site

• Aucune règle spécifique de répartition de l'accès.
• Des règles de sanctuarisation (interdiction de pêche jusqu'au 31/12/2019).
• Une interdiction d'ancrage, de plongée en apnée et de plongée loisir définitive.

Bilan

L'opération Récifs Prado est un projet de grande ampleur (27?300?m³ immergés, soit le projet le plus important au niveau national, européen et méditerranéen) qui a su mettre en place une gestion concertée des récifs artificiels la distinguant d'autres projets d'aménagement du territoire.
Ce projet a suscité une forte implication des acteurs locaux et notamment des pêcheurs professionnels mais a aussi permis de développer de nombreuses actions de communication et de sensibilisation pour la préservation des ressources et du milieu marin, et plus particulièrement le colloque Euro-méditerranéen organisé à Marseille sur les récifs artificiels en 2013.

Contacts

3. PORTUGAL (immersions en 1990-1997-2003)
Une stratégie d'aménagement à une échelle régionale
avec une centralisation des suivis

Définition des objectifs des projets de récifs artificiels et stratégie d'aménagement

Trois projets d'immersions de récifs ont vu le jour au Portugal dans la région de l'Algarve.
Le premier en 1990, en tant que projet pilote, était destiné à évaluer les effets de structures de protection et d'exploitation sur les facteurs écologiques et le niveau d'exploitation halieutique, sur deux sites au large de la Ria Formosa. Composé d'un ensemble de lagunes et d'îles, ce site intègre une approche écosystémique grâce à l'écosystème très productif servant de nurserie à la plupart des espèces ciblées de la côte d'Algarve.
Suite aux résultats positifs du projet pilote, deux phases d'aménagement ont permis de mettre en place sept concessions de récifs sur 4 400 ha, en 1997, puis en 2003. La stratégie d'implantation a été de positionner ces concessions à proximité immédiate de communautés de pêcheurs, l'objectif étant de redynamiser le secteur halieutique.

Faisabilité technique et financement

Typologie des modules

CATALOGUE DES MODULES

Récifs de protection

Récifs de protection

Récifs de protection pour les juvéniles qui migrent depuis la lagune de Ria Formosa (ensemble de 735 petits modules en béton de 2,7m3 chacun). Modules servant de corridor écologique lors de migrations.

Amas de blocs rocheux

Récifs d'exploitation

qui sont des dispositifs pour attirer les poissons, situés dans des eaux plus profondes, permettant ainsi une plus grande activité de pêche (gros blocs en béton de 174 m3).

Réglementation et procédures administratives

Il n'y a pas de règles officielles validées par charte ou arrêté, mais des accords oraux entre pêcheurs validant des règles propres à chaque récif avec ponctuellement certaines mesures de restriction d'accès temporaires tels que :
• Eloignement des chalutiers au delà des 6 milles.
• Interdiction des sennes tournantes dans les 3 milles.
• Règlementations générales des pêches non spécifiques aux récifs : sur les engins, les maillages et les saisonnalités.

Gestion et suivi

Suivi et animation

L'assistance technique, l'animation et l'information des usagers sont gérés par l'IPIMAR (Instituto de Investigação das Pescas e do Mar - équivalent au Portugal de l'IFREMER), qui rend compte des résultats des recherches, appuit en proposant des limitations d'effort de pêche.

Les suivis scientifiques sont effectués par le même organisme, l'IPIMAR, ce qui permet de centraliser les données et d'utiliser des méthodes identiques à chaque suivi. Ces données sont récoltées en associant la collecte d'informations fournies par quelques pêcheurs ainsi que par des campagnes scientifiques de pêche, d'analyse de colonisation et de données de capture au débarquement.

Résultats des suivis :
• Excellentes performances des récifs 6 ans après le lancement du projet-pilote. Les résultats des suivis par pêches expérimentales, mis en place dès le début, montrent une augmentation du rendement moyen dès la cinquième année.
• Des CPUE multipliés d'un facteur 1,8 à 2,6 en 14 ans 1 (résultats des pêches scientifiques).
• Des essais de colonisation par relâché de juvéniles concluants?2.

Gestion

La gestion des récifs est caractérisée par une autogestion simple des pêcheurs, ce qui pose aujourd'hui des problèmes malgré des efforts de résolution de conflits.
• Résolution de conflits entre pêche professionnelle et de loisir en réduisant le nombre et le type d'engins ainsi que le nombre de jours de pêche de loisir.
• Résolution de conflits avec la plongée en attribuant quelques sites exclusivement à la plongée et interdisant d'autres sites. Développement de sites de plongée sur des épaves.

Bilan

Le projet pilote de récifs artificiels a conforté l'idée qu'un tel aménagement dans cette région serait efficace au vu des résultats obtenus et a permis de justifier, auprès des professionnels et de l'administration, la légitimité d'une telle implantation.
La mise en place de récifs artificiels a permis de responsabiliser les acteurs vis-à-vis des modules en place et de l'objectif des projets. Malgré la politique centralisée adoptée, il ressort un manque de gestion et de règles entre les différents usagers.
Une étude sur les secteurs et structures impliqués directement ou indirectement par les récifs artificiels a permis de déduire qu'une majorité des acteurs est affectée positivement par la présence de récifs (municipalité, centre de recherche, associations de loisirs, etc.). Une minorité est affectée négativement (notamment pour certains pêcheurs n'ayant plus le droit de pêcher sur ces zones, ou comme par exemple les chalutiers).?

Contacts

  • Miguel Neves dos Santos (PhD) :
    IPMA - Institut de recherche sur la pêche et la mer - mnsantos@ipma.pt
  • Santos, M.N., and C.C. Monteiro. 2007. A fourteen-year overview of the fish assemblages and yield of the two oldest Algarve artificial reefs (southern Portugal). Hydrobiologia (2007) 580:225-231.
  • Santos, M.N., Lino, P.G., Pousão-Ferreira, P. and C. C. Monteiro. 2006. Preliminary results of hatchery-reared seabreams released at artificiel reefs off the Algarve coast (Southern Portugal): a pilot study. BULLETIN OF MARINE SCIENCE, 78(1): 177-184, 2006.
  • J. Ramos, M. N. Santos, D. Whitmarsh, C. Monteir,. 2011. Stakeholder analysis in the portuguese artificial reef context: winners and losers. Brazilian journal of oceanography, 59 (special issue CARAH):133-143

Ce texte est issu du guide pratique d'aide à l'élaboration, l'exploitation et la gestion des récifs artificiels en Languedoc-Roussillon. En cas d'utilisation de données et d'éléments de ce document, il doit être cité sous la forme suivante :
Cépralmar, Région Languedoc-Roussillon - 2015
Guide pratique d'aide à l'élaboration, l'exploitation et la gestion des récifs artificiels en Languedoc-Roussillon : 3 exemples à suivre - 16 pages.

Auteurs et coordination :
Cépralmar : Adeline Fourrier avec la participation de Elsa Tronel-Peyroz
Région Languedoc-Roussillon : Marc Barral

Relecture :
Sylvain Blouet (Ville d'Agde)
Renaud Dupuy de la Grandrive (Ville d'Agde)
Emilia Médioni (Ville de Marseille) Miguel Neves dos Santos (IPMA)

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