
L'existence d'organisations professionnelles traditionnelles (prud'homies en France, cofradias en Espagne, coopératives en Italie) est une caractéristique méditerranéenne. Les pêcheurs se sont très tôt impliqués dans la gestion locale et ces structures sont des relais très efficaces au niveau des ports (PARY, 2005 - a).
En France, les prud'homies existent depuis le XIVème siècle. Ces institutions sont chargées notamment de la gestion des ressources, de l'organisation des activités, de l'établissement de réglementations et de l'arbitrage des conflits entre pêcheurs (PARY, 2005 - a).
Il existe quasiment une prud'homie par port, qui rassemble et représente les patrons de tous les navires de ce port, tous métiers confondus. C'est à leur initiative qu'ont été mises en place les règles de gestion des flottes qui ont ensuite été relayées par les autorités nationales dans le droit français, et qui font aujourd'hui preuve de leur efficacité (limitation du nombre de navires autorisés à pêcher, fixation de dates d'ouverture et de fermeture des pêcheries, limitation de certaines caractéristiques techniques des navires ou des filets.) (PARY 2005 - a).
Sur les 11 prud'homies du Languedoc-Roussillon, seules 10 sont donc concernées par les récifs artificiels et sont généralement à l'initiative des projets d'immersion (la 11ème concerne uniquement celle de l'étang de Thau).
Le Cépralmar a été, en 1984-85, maître d'ouvrage d'une importante opération d'immersion de récifs artificiels sur l'ensemble de la région. Depuis, il apporte un soutien technique aux porteurs de projets lors des immersions ou des suivis scientifiques.
En plus du maître d'ouvrage qui finance généralement les immersions, les collectivités locales et l'Europe participent aussi financièrement.
Depuis l'an 2000 seulement, la France permet de mobiliser des crédits européens, fonds IFOP, pour immerger des récifs artificiels, d'après le Règlement (CE) no 2792/1999 du conseil du 17 décembre 1999, définissant les modalités et conditions des actions structurelles de la communauté dans le secteur de la pêche. Depuis 2007, le fond IFOP a été remplacé par le FEP. Dans l'Axe 3 « développement durable de la transformation et de la commercialisation des produits de la pêche et de l'aquaculture », la mesure 3.2 « destinée à la protection et au développement de la faune et de la flore aquatique », encourage les états membres à engager des dépenses dans les secteurs suivants : «l'installation d'éléments fixes ou mobiles visant à protéger et à développer les ressources aquatiques.»
Un certain nombre de services de l'état sont sollicités dans la procédure d'immersion de récifs artificiels.
Il donne son avis pour l'attribution de l'autorisation d'utilisation du domaine public maritime.
La DDE est le service instructeur de la procédure d'attribution d'une concession d'utilisation du DPM. Ces services, notamment celui des espaces littoraux, interviennent dans la déclaration «loi sur l'eau».
La DRAM donne son avis pour l'attribution des fonds Européens.
La DIREN se prononce sur le jugement d'immersion de « déchets ».
La maîtrise d'oeuvre intervient à plusieurs niveaux dans la procédure d'immersion. Elle est généralement assurée par les bureaux d'études pour la réalisation des études préalables, étude d'impact, la phase de travaux : l'immersion des récifs et les suivis scientifiques. Ce dernier point peut aussi être réalisé par des laboratoires universitaires.
En Languedoc-Roussillon, la flotte de pêche en mer est constituée de 753 navires dont 312 navires de pêche « petits métiers ». (Source : DRAM 2006).
Cependant, des conflits existent entre les différentes flottilles notamment entre « petits métiers » et chalutiers, ces derniers venant pêcher dans la bande des 3 milles malgré les interdictions. C'est dans ce contexte difficile que l'immersion des récifs artificiels a eu lieu en réponse à la demande des professionnels « petits métiers ». Ce sont eux qui sont susceptibles d'utiliser les récifs artificiels.
Pêcheurs petits métiers Source : Cépralmar
La plongée est désormais accessible au plus grand nombre. Sur l'ensemble du littoral languedocien, 96 structures de plongée sont présentes (Clubs associatifs affiliés FFESSM, les structures commerciales agréées FFESSM et les structures ANMP).
Les plongées ont généralement lieu au cours de la journée, en dehors des heures de pêche des professionnels afin de minimiser les conflits.
Par ailleurs, des clubs de plongées locaux organisent des sorties sur les récifs. Au cours de ces journées, outre la découverte de la faune et la flore présentes sur les structures, les plongeurs remplissent des fiches de suivis. Cette initiative permet de faire connaître et responsabiliser les amateurs de plongée.
OEil d'Andromède - Laurent Ballesta
Plusieurs enquêtes ont révélé l'importance de la pratique de la pêche récréative par les acteurs locaux. Ces usagers aux profils divers (retraités pêcheurs à la ligne, chasseurs sous-marins, etc.) sortent très régulièrement au cours de l'année et pêchent notamment sur les récifs artificiels. A ces pratiquants réguliers s'ajoutent des usagers temporaires au cours de la période estivale.
Enfin, on peut signaler que la chasse sous-marine a été évoquée à plusieurs reprises comme un problème car elle est considérée comme une activité qui impacte trop directement les peuplements des récifs.
Source : Cépralmar